Histoire de l'Eglise : première période (12)
Publié le 27 Novembre 2025
PREMIERE PERIODE (12)
Depuis la fondation de l’Église jusqu'à l'édit de Milan
Troisième persécution, sous Trajan, Adrien et Antonin (106 et suivantes) :
Pour diminuer les chances de péril et célébrer en paix les saints mystères, les fidèles de Rome se réunissaient avant le jour dans les catacombes souterraines, situées proche de la ville.
On a cru pendant longtemps que les catacombes étaient d'anciennes carrières abandonnées. M. de Rossi, savant catholique, en 1874, a prouvé que ces souterrains avaient été creusés par les chrétiens eux-mêmes, désireux d'avoir un abri pour eux et pour leur culte. Ils y ensevelissaient les martyrs, et c'est sur leurs tombeaux qu'on célébrait le saint Sacrifice de la messe.
La malignité des païens se plut à confondre leurs cérémonies avec les pratiques des sociétés secrètes, et les accusa de renouveler les orgies des anciennes Bacchanales (ou fêtes de Bacchus, le dieu du vin, furent interdites par le sénat romain, à cause des débauches qui s'y commettaient (187 av. JC).)
Ces bruits, colportés et accrédités par tous ceux qui trouvaient dans le culte des idoles un moyen d'existence, déterminèrent l'empereur Trajan à sévir contre les chrétiens.
Ce prince ne reprochait autre chose aux fidèles qu'une « superstition excessive » ; mais, pour ne pas déplaire à la multitude païenne, acharnée contre eux, il remit en vigueur les décrets sanguinaires de ses prédécesseurs.
A Pline le Jeune, gouverneur de la Bithynie, qui lui écrivait : La conduite des chrétiens est pure et innocente, Trajan répondit : Ne les recherchez pas ; mais si, étant dénoncés, ils se déclarent eux-mêmes chrétiens, punissez-les de mort.
Réponse absurde : si les chrétiens étaient coupables, pourquoi défendre de les rechercher ? S'ils étaient innocents, pourquoi les punir ?
Parmi les martyrs les plus célèbres de cette époque, on distingue saint Siméon, saint Ignace et saint Clément.
Saint Siméon, évêque de Jérusalem, fut un des premiers martyrs de cette persécution. Après avoir enduré toutes sortes de supplices, ce vieillard vénérable eut la gloire de mourir sur une croix, comme Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Saint Ignace, évêque d'Antioche depuis quarante ans, fut conduit à Rome pour être livré aux bêtes de l'amphithéâtre (107). Dans la crainte que les fidèles de Rome ne missent obstacle à l'exécution de la sentence prononcée contre lui, il leur écrivit une lettre admirable, où il leur disait : Je vous en conjure, laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours ; c'est un chemin fort court pour arriver au ciel. Je suis le froment de Dieu, il faut que je sois broyé pour devenir un pain digne d'être offert à Jésus-Christ.
Les chrétiens recueillirent les restes de ses ossements, et les conservèrent comme des reliques précieuses. ( le mot relique vient d'un mot latin qui signifie restes)
Saint Clément, pape, fut, d'après certaines traditions, condamné aux mines de la Chersonèse (Crimée), et finalement jeté dans la mer Noire, avec une ancre attachée au cou.
Il faut mentionner encore : saint Gétule, tribun militaire, sainte Symphorose, son épouse, et leurs sept enfants, qui remportèrent la palme du martyre à Rome, sous Adrien, successeur de Trajan.
Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, dont les païens réclamaient la mort, versa son sang sous le règne d'Antonin, successeur d'Adrien. Conduit devant le proconsul qui lui dit : Maudis le Christ et tu es libre.
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Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, répondit le saint vieillard, et il ne m'a jamais fait de mal ; comment pourrais-je maudire celui qui m'a sauvé ?
On le condamna à périr sur un bûcher, mais la flamme l'environna sans toucher à son corps. Ses bourreaux, furieux autant que surpris, le percèrent d'un coup d'épée, l'an 155 ou 156.
Prochain article : quatrième persécution, sous Marc-Aurèle (166 et suiv.)
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