Saint Denys, évêque d'Alexandrie
Publié le 18 Novembre 2025
Saint Denys, évêque d'Alexandrie
/image%2F7175263%2F20251116%2Fob_4b25e9_st-denys-d-alexandrie.jpg)
Honoré par les Grecs du titre de Grand, Denys était né à ou près d'Alexandrie, en Égypte. Comme cette ville était alors le centre des sciences, des lettres et de la philosophie, il y parcourut le cercle entier des études, avec un succès proportionné à ses talents et à son désir d'apprendre. Ayant l'amour de la vérité, la cherchant sincèrement, il fut insensiblement conduit, dans ses recherches, à saisir le ridicule et l'impiété du culte païen. Les épîtres de saint Paul lui offrirent des charmes qu'il n'avait point trouvés dans les écrits des philosophes : son esprit en fut éclairé, son cœur en fut touché ; enfin, la grâce de Dieu venant en aide à sa bonne volonté, il quitta l'idolâtrie et demanda le baptême.
Le changement de cette âme d'élite fut parfait ; il ne voulut plus vivre que pour Dieu seul. Il foula aux pieds toute gloire en ce monde, renonça aux avantages de sa naissance, aux aises de la fortune, aux honneurs et aux dignités où pouvait aspirer son mérite. S'étant mis à l'école d'Origène, il fit dans la science de la religion d'immenses progrès ; ses progrès dans la piété les surpassaient encore ; aussi bientôt fût-il élevé au sacerdoce, chargé peu après de l'école d'Alexandrie, puis évêque de cette grande cité.
La paix régnait alors pour le christianisme sous le règne de l'empereur Philippe ; mais celui-ci ayant été massacré par Dèce, une affreuse persécution porta le trouble dans toute l’Église. Partout les chrétiens, sans distinction d'âge, de sexe ni de rang, furent livrés à des tortures affreuses, ou dispersés dans les bois, sur les montagnes, au sein des déserts, où ils périssaient de misère et de faim. Denys, échappé aux mains des persécuteurs, se retira dans une solitude, en Lybie, et y resta caché, pendant l'espace d'un an, ne cessant de veiller au soin de son troupeau, lui envoyant ses prêtres, et encourageant, par ses lettres, les fidèles pendant tout le temps que dura la persécution.
Le saint et savant évêque travailla toujours à maintenir et à ramener la paix dans l’Église de Dieu. Ainsi écrivait-il au misérable brouillon Novatien, qui s'était posé comme pape en concurrence avec saint Corneille : « Vous auriez dû tout souffrir plutôt que d'exciter un schisme dans Rome ; mourir pour l'unité de l’Église est aussi glorieux que de refuser le sacrifice aux idoles. » Il fit tout ce qu'il put, par ses lettres, pour enlever à cet apostat ses victimes.
Il combattit surtout la rigueur avec laquelle on voulait traiter ceux qui étaient tombés dans la persécution, par la crainte des tourments. Il raconte, à ce propos, un fait touchant.
Le vieillard Sérapion, qui avait eu le malheur autrefois de succomber et de sacrifier, avait été excommunié et mis en pénitence après sa chute. Atteint d'une maladie grave, il fut jeté pendant trois jours, sans connaissance, aux portes de l'éternité. Revenu tout à coup à lui-même, il s'écria : « Pourquoi me retenir ici ? Je demande à être délivré ; allez chercher un prêtre. »
Son petit-fils, encore enfant, alla au prêtre qui, étant lui-même malade, ne put venir voir l'agonisant, assez éloigné de lui. Mais le prêtre donna, selon la coutume d'alors, la sainte Eucharistie à l'enfant, lui recommandant de la tremper dans un peu d'eau pour la faire couler dans la bouche du vieillard. A peine eut-il reçu ce viatique suprême, Sérapion dit : « Rien ne me retient plus en ce monde. » et il expira, en poussant un léger soupir.
Denys combattit aussi l'erreur des millénaires, qui prétendaient que Jésus-Christ viendrait fonder sur la terre un royaume, où il régnerait pendant mille ans avec ses élus, avant le jour du jugement dernier. Ce règne, selon les uns, devait se passer dans les plaisirs spirituels ; mais, selon d'autres, c'eût été dans les plaisirs sensuels. Ceux-ci furent condamnés aussitôt ; les autres se dissipèrent peu à peu, et leur doctrine s'anéantit devant les efforts des docteurs catholiques.
Le saint évêque eut, après l'an 250, la douleur de voir périr une foule de ses ouailles par la peste, dont les ravages se firent sentir pendant plusieurs années. Il procura tous les secours en son pouvoir à ceux qui furent atteints de la cruelle maladie ; il inspira aux prêtres, aux diacres, aux pieux laïques, le zèle dont il était animé ; ce fut comme une immense conspiration de la charité contre le mal, et beaucoup moururent martyrs de leur dévouement.
En 257, dans la persécution de Valérien, le préfet d’Égypte fit arrêter Denys avec un de ses prêtres et plusieurs diacres. Comme il les pressait de sacrifier aux dieux, l'évêque répondit : « Tous n'adorent pas les mêmes divinités : nous adorons, nous, le vrai Dieu, et nous l'adorons seul. »
Le préfet essaya vainement de les persuader de joindre au culte de leur Dieu celui des dieux de l'empire. Voyant ses efforts inutiles, Emilien les envoya en exil à Képhron, en Lybie. Denys convertit au christianisme les païens qui habitaient ce pays. On l'en tira pour l'envoyer dans la Maréote, où il demeura encore deux ans, après quoi il put rentrer en paix, l'an 260, au milieu de son troupeau chéri.
Denys combattit alors l'hérésie du fameux Sabellius, qui niait la distinction des personnes divines, et anéantissait ainsi le mystère auguste de la Trinité, et sapait par là-même les fondements de l'Incarnation et de la Rédemption. Il attaqua ensuite l'orgueilleux Paul de Samosate, qui avait osé nier la divinité de Jésus-Christ. Enfin, plein d'années, de travaux et de mérites, Denys mourut dans la ville d'Alexandrie, vers la fin de l'année 265, après avoir gouverné son Église avec autant de sagesses que de zèle pendant dix-sept ans.
Réflexion : La science, unie à la sainteté, fait un homme capable de rendre à la société les services les plus importants. Si nous ne sommes pas des savants, ayons au moins la science de notre religion.
/image%2F7175263%2F20251104%2Fob_4e4088_15e6e2185ca468b484a697d362cc53d2.jpg)