Saint Grégoire le Thaumaturge
Publié le 17 Novembre 2025
Saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée
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Théodore, depuis nommé Grégoire, et surnommé Thaumaturge à cause de ses miracles, naquit à Néocésarée, dans le Pont, de parents idolâtres. Il perdit son père dès l'âge de 14 ans ; sa mère lui fit donner une instruction distinguée, selon son rang et sa fortune, le destinant à la profession d'avocat. Il eut les plus beaux succès dans le cours de ses études, et tout lui promettait dans le monde un brillant avenir.
Ayant une sœur mariée à Césarée, en Palestine, Théodore avec son frère Athénodore vinrent en cette ville, et ils y trouvèrent le fameux Origène, dont ils se mirent à fréquenter les leçons. Origène, ayant bientôt découvert la beauté des ces deux âmes, leur capacité extraordinaire pour les sciences, leurs dispositions à la vertu, travailla soigneusement à leur inspirer l'amour de la vérité, et un ardent désir d'arriver à la possession du souverain bien. Toutes les deux, aidées de la grâce, s'épanouirent merveilleusement sous les rayons du soleil de justice, et elles résolurent de tout sacrifier pour s'appliquer uniquement à la science des saints.
La persécution de Maximien ayant forcé Origène à suspendre ses cours, Théodore alla dans Alexandrie, où il continua ses études, menant, au milieu de jeunes gens livrés à tous les désordres, une vie fort régulière. Jaloux de sa vertu, des étourdis subornèrent une odieuse courtisane qui vint publiquement lui réclamer le prix d'un commerce infâme : Théodore, sans s'émouvoir, pria un de ses amis de lui donner ce qu'elle demandait. Cette malheureuse n'eut pas plus tôt reçu l'argent, que le démon s'empara d'elle, et, pressée par l'énormité de son crime, elle confessa l'innocence du jeune étudiant.
Au bout de trois ans, Théodore revint à Césarée, où il retrouva Origène, et où il acheva de se perfectionner sous cet habile maître. Il reçut le baptême, et dès lors il se livra tout entier à la grâce, qui fit de lui, comme de saint Paul, un vase d'élection. De retour en son pays, il se dépouilla de ses biens et se retira dans la solitude pour s'y occuper de Dieu seul dans le silence et la paix. Ses vertus et ses rares talents y exhalèrent bientôt la bonne odeur de Jésus-Christ. Cette odeur suave se répandit au loin, et trahit sa chère humilité. Le siège de Néocésarée devint vacant, et on jeta les yeux sur lui pour le créer évêque de cette ville. La nouvelle de cette élévation le mit en fuite ; mais on le rechercha et il lui fallut céder à la volonté du Ciel. Sa ville était encore presque toute païenne ; les temples y fumaient d'encens pour les idoles ; le nom de Jésus y était connu, mais pour y être méprisé . Grégoire eut recours à Dieu, et Dieu l'exauça ; il était l'apôtre destiné à la conversion de ce peuple.
Un jour qu'il était dans une méditation profonde, il aperçut un vieillard et une femme surhumaine ; celle-ci dit au vieillard : « Jean, instruisez cet homme des mystères sacrés. » Le vieillard obéit à la Mère de Dieu, et il révéla un symbole de foi sublime à Grégoire, qui le mit par écrit et le laissa à son église. Plein des grâces d'en haut, il se mit à son œuvre ; sa parole puissante ébranla les esprits et les cœurs ; la sainteté de sa vie les toucha, et ses nombreux miracles les convertirent. Un jour il entra dans un temple d'idoles ; le démon cessa d'y rendre ses oracles, et attribua son silence à la prière de l'évêque. Le ministre des faux dieux menace de maltraiter le saint homme, qui lui répond en prêchant l’Évangile.
« Eh bien ! Dit l'idolâtre, fais revenir les dieux que tu as mis en fuite, et je croirai. »
L'évêque prend un morceau de parchemin et y écrit ces mots : « Grégoire à Satan : Rentre. »
Le démon revint, le prêtre des idoles se convertit, et il devint dans la suite un diacre fidèle. Les chrétiens se multiplièrent sous l'action incessante du saint évêque : il fallut bâtir une église ; on choisit un lieu éminent, mais trop étroit : un monticule en resserrait l'espace. Grégoire, plein de cette foi qui transporte les montagnes, lui commanda de se retirer, et le monticule obéit, laissant une vaste place pour la construction du temple. Une rivière, ayant rompu sa digue, inondait le pays et menaçait des plus affreux ravages ; notre saint invoqua le nom du Tout-Puissant, puis il ficha son bâton dans les eaux qui s'arrêtèrent, et qui reprirent leur cours accoutumé. Deux frères avaient un procès scandaleux au sujet d'un étang ; le saint commanda aux eaux de disparaître ; l'étang se dessécha et le procès fut terminé. La vie entière de ce saint évêque est un tissu d’œuvres merveilleuses.
La persécution de Dèce vint porter le trouble au sein de la douce paix de ce troupeau ; le pasteur assista son peuple de ses conseils et de ses puissantes prières ; il persuada la fuite du péril, de peur de tenter Dieu, et lui-même donna l'exemple de la retraite au désert. Cependant il eut le bonheur de compter des martyrs invincibles, dans son peuple fidèle, surtout le jeune Troade, et pas un seul apostat. On essaya de se saisir du pasteur, mais il échappa miraculeusement aux recherches des persécuteurs. Après l'orage, il revint consoler ses disciples et achever son œuvre au milieu d'eux. La religion devint plus florissante encore à Néocésarée, et, au moment où Grégoire, rempli de mérites et usé de travaux et de pénitences, fut rappelé de cette vie à une meilleure, il put rendre grâce à Dieu de laisser seulement dix-sept païens dans sa ville, où il avait trouvé dix-sept chrétiens. Cet illustre saint mourut le 17 novembre, vers 270, âgé d'environ 70 ans.
Son corps fut enterré dans l'église qu'il avait fait bâtir. Il s'accomplit à son tombeau un nombre prodigieux de miracles. Ses précieuses reliques se conservèrent longtemps à Césarée ; mais que sont-elles devenues depuis ?
Les Jésuites de Lisbonne ont et conservent son chef en grande vénération. A Rome, Saint-Pierre, Saint-Ignace et Sainte-Marie des Campitelli possèdent quelques-uns de ses ossements.
Réflexion : Ce n'est pas le don des miracles, c'est la vertu qui fait les saints : c'est un grand miracle de vivre et de mourir en saint.
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