La tradition et les papes affirment que le Très-Saint Rosaire fut révélé au 13e siècle par la Mère de Dieu elle-même à Saint Dominique, le futur fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs.
Cet apôtre luttait vainement depuis des années, par son humilité, sa pauvreté et sa science, contre l'hérésie albigeoise qui dévastait le midi de la France et paraissait invincible.
La Très-Sainte Vierge lui inspira alors de joindre à la récitation vocale de séries d'Ave Maria, qui se pratiquait de très vieille date, la considération des principaux mystères de la vie de son divin Fils, et lui commanda de répandre cette nouvelle manière de prier.
Dominique obéit promptement, et il prêcha aux âmes de bonne volonté l'art de réciter en l'honneur de Marie des dizaines de beaux Ave Maria tout en gardant d'une manière précise dans sa pensée telle ou telle scène de l'existence du Sauveur : c'était le Rosaire.
Il triompha rapidement de l'hérésie.
Depuis 7 siècles, le Rosaire n'a rien perdu de son efficacité.
En 1883, le grand Pape Léon XIII lança la première des 12 encycliques qu'il crut devoir consacrer exclusivement à expliquer et à recommander cette dévotion.
Le Rosaire, dit le Pape, « offre un moyen facile d'inculquer dans les esprits les principaux dogmes de la foi chrétienne et de les y acclimater » (Léon XIII)
Car il considère Jésus dans les trois phases principales de son existence : sa naissance, sa mort et sa résurrection.
Il évoque les trois vérités primordiales de la Révélation : l'Incarnation, la Rédemption, et la Vie Éternelle.
Il suggère la part de Marie dans le plan de Dieu : Mère du Christ et des hommes, Corédemptrice, Pleine de grâce et de gloire.
D'où les trois séries de mystères joyeux, douloureux et glorieux : pour ne pas rester dans l'abstraction chacune se composera en effet de scènes évangéliques et comme de tableaux vivants dont la contemplation deviendra facile dans la mesure où l'on s'y exercera.
Promesses de la Très Sainte Vierge à Saint Dominique et au Bienheureux Alain de la Roche en faveur de la Dévotion du Rosaire:
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A tous ceux qui réciteront dévotement mon Rosaire Je promets ma protection toute spéciale et de très grandes grâces.
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Celui qui persévérera dans la récitation de mon Rosaire recevra quelques grâces signalées.
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Le Rosaire sera une armure très puissante contre l'Enfer ; il détruira les vices, délivrera du péché, dissipera les hérésies.
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Le Rosaire fera fleurir les vertus et les bonnes œuvres et obtiendra aux âmes les miséricordes divines les plus abondantes; il substituera dans les cœurs l’Amour de Dieu à l’amour du monde, les élevant au désir des biens célestes et éternels. Que d’âmes se sanctifieront par ce moyen!
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Celui qui se confie en moi, par le Rosaire, ne périra pas.
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Celui qui récitera pieusement mon Rosaire, en considérant ses mystères, ne sera pas accablé par le malheur. Pécheur, il se convertira; juste, il croîtra en grâce et deviendra digne de la vie éternelle.
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Les vrais dévots de mon Rosaire seront aidés à leur mort par les secours du Ciel.
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Ceux qui récitent mon Rosaire trouveront pendant leur vie et à leur mort, la lumière de Dieu, la plénitude de ses grâces et ils participeront aux mérites des Bienheureux.
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Je délivrerai promptement du Purgatoire les âmes dévotes à mon Rosaire.
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Les véritables enfants de mon Rosaire jouiront d’une grande gloire dans le Ciel.
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Ce que vous demanderez par mon Rosaire, vous l’obtiendrez.
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Ceux qui propageront mon Rosaire seront secourus par moi dans toutes leurs nécessités.
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J’ai obtenu du mon Fils que tous les confrères du Rosaire aient pour frères, en la vie et à la mort, les Saints du Ciel.
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Ceux qui récitent fidèlement mon Rosaire sont tous mes fils bien-aimés, les frères et sœurs de Jésus-Christ.
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La dévotion à mon Rosaire est un grand signe de prédestination.
« Le Rosaire est une dévotion toute divine, une source de grâces, une chaîne qui unit le Ciel et la terre, un arc-en-ciel de paix dans le firmament de l’Église. » (Sainte Thérèse d’Avila)
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Mystères joyeux.
1er mystère : L'Annonciation (Fruit du mystère : l'humilité)
2e mystère : La Visitation (Fruit du mystère : L'amour du prochain)
3e mystère : La Nativité (Fruit du mystère : détachement des biens de ce monde)
4e mystère : La Présentation de Jésus au Temple (Fruit du mystère : La chasteté ; la pureté)
5e mystère : Le Recouvrement de Jésus au Temple (Fruit du mystère : L'obéissance ; la sagesse)
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Mystères douloureux.
1er mystère : L'agonie de Notre-Seigneur au jardin des oliviers (Fruit du mystère : la contrition)
2e mystère : La Flagellation (Fruit du mystère : la mortification corporelle)
3e mystère : Le Couronnement d'épines (Fruit du mystère : le mépris du monde)
4e mystère : Le Portement de Croix (Fruit du mystère : la patience)
5e mystère : Le Crucifiement et la Mort de Notre-Seigneur (Fruit du mystère : mourir au péché)
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Mystères glorieux.
1er mystère : La Résurrection de Notre-Seigneur (Fruit du mystère : augmentation de la Foi)
2e mystère : L'Ascension (Fruit du mystère : affermissement de l'Espérance)
3e mystère : La descente du Saint-Esprit sur les Apôtres (Fruit du mystère : la charité, le zèle)
4e mystère : L'Assomption de la Sainte-Vierge (Fruit du mystère : la grâce d'une bonne mort)
5e mystère : Le Couronnement de Marie au Ciel (Fruit du mystère : une grande dévotion à la Sainte Vierge)
Notes : Chaque dizaine doit être récitée sans interruption ; mais il est permis de mettre des intervalles quelconques entre les dizaines, pourvu que le chapelet entier soit récité dans la journée.
INDULGENCES :
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5 ans pour tous ceux qui récitent le chapelet
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s'ils le récitent en commun avec d'autres, en public ou en privé : 10 ans, une fois par jour. - Plénière, le dernier dimanche du mois, aux conditions ordinaires, s'ils l'ont récité ainsi, au moins trois jours des semaines précédentes.
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Pour tous ceux qui récitent le chapelet, en public ou en particulier, pendant le mois d'octobre : 7 ans, chaque jour ; plénière, aux conditions ordinaires, pour cette même récitation, en la fête du saint Rosaire et pendant toute l'Octave ; plénière, aux conditions ordinaires, pour la même récitation, au moins pendant les 10 jours qui suivent l'Octave de la fête du Saint Rosaire.
« Saint Dominique apprit aux peuples à méditer en priant. Et n'est-il pas admirable d'avoir réuni aux deux plus belles prières que la langue humaine puisse prononcer, l'Oraison dominicale et la Salutation angélique, les mystères les plus augustes et les plus propres à toucher notre cœur ! Ce fut à Toulouse en 1208, qu'il institua le Rosaire, et qu'il commença de le prêcher. Les succès de la prédication du Rosaire furent si rapides qu'ils surpassèrent toutes les espérances, étonnèrent Rome elle-même. Les peuples accouraient en foule pour s'unir à la récitation du rosaire ; ils s'empressaient autour de la chaire de vérité, pour entendre le développement des mystères ; ils baisaient le rosaire, l'arrosaient de larmes, et en interrompaient la récitation par des sanglots. Bientôt les églises ne peuvent plus suffire au nombre prodigieux des assistants. Saint Dominique est obligé de se porter à tous les endroits ; et sa parole puissante étend au loin tous ces prodiges. C'est ainsi que l'éloquent panégyriste du Rosaire de Marie, en peu de temps, a tout changé et converti avec une simple formule de prières ; et tous les peuples célèbrent avec lui la sainteté, la gloire et la puissance de la mère de Dieu.
Le Rosaire, rapidement propagé, compte bientôt, parmi ses membres, des Papes, des rois, des capitaines illustres, tout ce que le génie et la piété catholique offrent de plus grand. De riches indulgences y sont attachées.
La fête du Rosaire fut établie par le saint Pape Pie V, en action de grâces de la fameuse victoire que les Chrétiens remportèrent sur les Turcs, dans le golfe de Lépante.
Grégoire XIII la fixa au premier dimanche d'octobre, parce que la victoire avait été remportée le premier dimanche de ce mois, au moment où les fidèles récitaient le rosaire avec une ferveur singulière pour l'heureuse issue de la bataille.
Clément XI rendit universel l'office du Rosaire, afin de perpétuer la mémoire de la protection de la Sainte Vierge.
Pas plus que l'homme, la famille et la société ne peuvent aller à Dieu que par Marie ; pas plus que l'homme, la famille et la société, dévouées à Marie ne périront. C'est l'oracle des siècles, c'est la voix de l'expérience, c'est le témoignage de la foi : que nous faut-il de plus ? »
(Catéchisme de persévérance par l'Abbé J. Gaume)