Histoire de l'Eglise, Morale chrétienne, Histoire de France, révoltes et Révolution, petites histoires qui font les grandes... Tout ce que l'on nous en dit mais surtout, tout ce que l'on ne nous dit pas !
Depuis la fondation de l’Église jusqu'à l'édit de Milan
PUNITION DES JUIFS
Ruine de Jérusalem. Dispersion des Juifs :
L'heure allait sonner où devaient fondre sur les Juifs endurcis les châtiments dont Jésus-Christ les avait menacés. (St Matth., XXIII, 37, 1, 2)
Poussés à bout par les exactions des gouverneurs que Rome leur imposait depuis plus de quatre-vingts ans, les Juifs se révoltèrent, et cette révolte consomma leur ruine. Vespasien, alors général romain, envahit la Judée, et son fils Titus vint mettre le siège devant Jérusalem, au printemps de l'an 69.
Comme la fête de Pâques approchait, il y avait une grande multitude de personnes dans la ville, et bientôt la famine s'y fit sentir. Elle devint horrible. La ville fut prise et le temple incendié (l'an 70), malgré les efforts des soldats romains pour l'arracher aux flammes. Onze cent mille personnes périrent pendant le siège ; suivant l'historien Tacite, cinq cent mille hommes avaient trouvé la mort dans les combats.
La Judée captive se révolta de nouveau ; mais l'empereur Adrien étouffa dans le sang les dernières insurrections (vers 135). Alors ce qui restait de l'ancien peuple d'Israël fut dispersé dans toute l'étendue de l'empire, ou vendu sur les marchés de Jaffa et d'Alexandrie.
Répandus, çà et là, dans tout l'univers, les Juifs n'ont jamais pu se confondre avec les autres nations, et, quelles que soient leurs vertus individuelles, ils restent comme marqués du crime que leurs ancêtres commirent en crucifiant le Fils de Dieu : c'est l'accomplissement du vœu impie qu'ils formaient contre eux-mêmes et contre leur postérité, en répondant à Pilate qui voulait sauver Jésus : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »
« Une des dispositions morales qu'il convient d'apporter à la recherche de la vérité, si on veut réellement l'atteindre, disposition dont le nom seul suscite les plus vives répugnances, quand ce n'est pas la révolte, s'appelle l'esprit de dépendance.
Dépendance, oui. D'abord, dépendance vis-à-vis du dehors. La vérité nous vient du dehors et elle s'impose à nous ; Bossuet analyse admirablement ce processus : la vérité existe en dehors de nous ; notre nature est faite de telle sorte qu'elle peut en recevoir l'impression et s'y conformer ; elle peut l'entendre et l'accepter.
Prétendre que la vérité sort de notre fond, que nous pouvons la créer, c'est l'erreur par excellence de l'époque moderne.
Mais aussi dépendance à l'égard d'une autorité. Cette autorité ne peut dériver que de celle de Jésus-Christ. Elle réside dans l’Église fondée par lui et conservatrice de sa doctrine. Si l’Église a reçu le dépôt de la doctrine, elle a autorité pour nous le transmettre, pour nous l'expliquer, pour nous en indiquer les applications, au cours des âges et des événements.
Telle est, en effet, la doctrine catholique ; en dehors de ce principe, il n'y a que l'autonomie absolue de la conscience et le sens individuel, auxquels se réfèrent les protestants et les libre penseurs.
Gardons-nous, nous catholiques, de céder en fait à cette tendance, contre laquelle nous protestons en théorie.
Au sens individuel, l’Église oppose le sens catholique. Ce sens réside bien dans notre conscience, mais il n'a rien de commun avec l'expérience intime, avec l'intuition du cœur, que prônaient naguère les modernistes. C'est un instinct de notre conscience et de notre raison, instruites et bien formées, qui nous incline de prime abord à penser comme la masse des fidèles, à sentir comme l’Église et avec l’Église, à reconnaître du premier coup pour la vraie lumière le flambeau qu'elle présente à nos yeux. En dernière analyse, c'est la rectitude spontanée du jugement catholique.
L’objet du sens catholique est double : la foi et la discipline.
S'agit-il de la foi ? Il sait ce que nous devons croire ; là même où ne sont point encore intervenues les définitions de l’Église, il voit sans hésitation ce qu'il est prudent de croire ; il devine les solutions auxquelles s'arrêtera l'autorité dogmatique ; ce qu'il est permis de croire, il l'accueille avec faveur, mais sans prétendre l'imposer.
S'agit-il de discipline ? Même quand l’Église ne commande pas, il suffit que de l'autorité viennent des exhortations, des conseils, des directions, le sens catholique penche sans peine du côté de l'obéissance et il est dans la vérité. On l'a dit très justement, quand la citadelle n'a plus son mur et son avant-mur, elle est bien menacée. Qui déclare qu'il n'obéira qu'à un commandement formel n'est pas loin de désobéir.
Cette dépendance ne doit pas être acceptée de mauvaise grâce, ni accompagnée de protestations manifestées ou secrètes. Dans l'âme d'un véritable enfant de l’Église, elle revêt la forme de la piété filiale.
Aimez vraiment le Pape ; vous lui obéirez sans peine et sans réserve. »
Honoré par les Grecs du titre de Grand, Denys était né à ou près d'Alexandrie, en Égypte. Comme cette ville était alors le centre des sciences, des lettres et de la philosophie, il y parcourut le cercle entier des études, avec un succès proportionné à ses talents et à son désir d'apprendre. Ayant l'amour de la vérité, la cherchant sincèrement, il fut insensiblement conduit, dans ses recherches, à saisir le ridicule et l'impiété du culte païen. Les épîtres de saint Paul lui offrirent des charmes qu'il n'avait point trouvés dans les écrits des philosophes : son esprit en fut éclairé, son cœur en fut touché ; enfin, la grâce de Dieu venant en aide à sa bonne volonté, il quitta l'idolâtrie et demanda le baptême.
Le changement de cette âme d'élite fut parfait ; il ne voulut plus vivre que pour Dieu seul. Il foula aux pieds toute gloire en ce monde, renonça aux avantages de sa naissance, aux aises de la fortune, aux honneurs et aux dignités où pouvait aspirer son mérite. S'étant mis à l'école d'Origène, il fit dans la science de la religion d'immenses progrès ; ses progrès dans la piété les surpassaient encore ; aussi bientôt fût-il élevé au sacerdoce, chargé peu après de l'école d'Alexandrie, puis évêque de cette grande cité.
La paix régnait alors pour le christianisme sous le règne de l'empereur Philippe ; mais celui-ci ayant été massacré par Dèce, une affreuse persécution porta le trouble dans toute l’Église. Partout les chrétiens, sans distinction d'âge, de sexe ni de rang, furent livrés à des tortures affreuses, ou dispersés dans les bois, sur les montagnes, au sein des déserts, où ils périssaient de misère et de faim. Denys, échappé aux mains des persécuteurs, se retira dans une solitude, en Lybie, et y resta caché, pendant l'espace d'un an, ne cessant de veiller au soin de son troupeau, lui envoyant ses prêtres, et encourageant, par ses lettres, les fidèles pendant tout le temps que dura la persécution.
Le saint et savant évêque travailla toujours à maintenir et à ramener la paix dans l’Église de Dieu. Ainsi écrivait-il au misérable brouillon Novatien, qui s'était posé comme pape en concurrence avec saint Corneille : « Vous auriez dû tout souffrir plutôt que d'exciter un schisme dans Rome ; mourir pour l'unité de l’Église est aussi glorieux que de refuser le sacrifice aux idoles. » Il fit tout ce qu'il put, par ses lettres, pour enlever à cet apostat ses victimes.
Il combattit surtout la rigueur avec laquelle on voulait traiter ceux qui étaient tombés dans la persécution, par la crainte des tourments. Il raconte, à ce propos, un fait touchant.
Le vieillard Sérapion, qui avait eu le malheur autrefois de succomber et de sacrifier, avait été excommunié et mis en pénitence après sa chute. Atteint d'une maladie grave, il fut jeté pendant trois jours, sans connaissance, aux portes de l'éternité. Revenu tout à coup à lui-même, il s'écria : « Pourquoi me retenir ici ? Je demande à être délivré ; allez chercher un prêtre. »
Son petit-fils, encore enfant, alla au prêtre qui, étant lui-même malade, ne put venir voir l'agonisant, assez éloigné de lui. Mais le prêtre donna, selon la coutume d'alors, la sainte Eucharistie à l'enfant, lui recommandant de la tremper dans un peu d'eau pour la faire couler dans la bouche du vieillard. A peine eut-il reçu ce viatique suprême, Sérapion dit : « Rien ne me retient plus en ce monde. » et il expira, en poussant un léger soupir.
Denys combattit aussi l'erreur des millénaires, qui prétendaient que Jésus-Christ viendrait fonder sur la terre un royaume, où il régnerait pendant mille ans avec ses élus, avant le jour du jugement dernier. Ce règne, selon les uns, devait se passer dans les plaisirs spirituels ; mais, selon d'autres, c'eût été dans les plaisirs sensuels. Ceux-ci furent condamnés aussitôt ; les autres se dissipèrent peu à peu, et leur doctrine s'anéantit devant les efforts des docteurs catholiques.
Le saint évêque eut, après l'an 250, la douleur de voir périr une foule de ses ouailles par la peste, dont les ravages se firent sentir pendant plusieurs années. Il procura tous les secours en son pouvoir à ceux qui furent atteints de la cruelle maladie ; il inspira aux prêtres, aux diacres, aux pieux laïques, le zèle dont il était animé ; ce fut comme une immense conspiration de la charité contre le mal, et beaucoup moururent martyrs de leur dévouement.
En 257, dans la persécution de Valérien, le préfet d’Égypte fit arrêter Denys avec un de ses prêtres et plusieurs diacres. Comme il les pressait de sacrifier aux dieux, l'évêque répondit : « Tous n'adorent pas les mêmes divinités : nous adorons, nous, le vrai Dieu, et nous l'adorons seul. »
Le préfet essaya vainement de les persuader de joindre au culte de leur Dieu celui des dieux de l'empire. Voyant ses efforts inutiles, Emilien les envoya en exil à Képhron, en Lybie. Denys convertit au christianisme les païens qui habitaient ce pays. On l'en tira pour l'envoyer dans la Maréote, où il demeura encore deux ans, après quoi il put rentrer en paix, l'an 260, au milieu de son troupeau chéri.
Denys combattit alors l'hérésie du fameux Sabellius, qui niait la distinction des personnes divines, et anéantissait ainsi le mystère auguste de la Trinité, et sapait par là-même les fondements de l'Incarnation et de la Rédemption. Il attaqua ensuite l'orgueilleux Paul de Samosate, qui avait osé nier la divinité de Jésus-Christ. Enfin, plein d'années, de travaux et de mérites, Denys mourut dans la ville d'Alexandrie, vers la fin de l'année 265, après avoir gouverné son Église avec autant de sagesses que de zèle pendant dix-sept ans.
Réflexion : La science, unie à la sainteté, fait un homme capable de rendre à la société les services les plus importants. Si nous ne sommes pas des savants, ayons au moins la science de notre religion.
Saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée
Théodore, depuis nommé Grégoire, et surnommé Thaumaturge à cause de ses miracles, naquit à Néocésarée, dans le Pont, de parents idolâtres. Il perdit son père dès l'âge de 14 ans ; sa mère lui fit donner une instruction distinguée, selon son rang et sa fortune, le destinant à la profession d'avocat. Il eut les plus beaux succès dans le cours de ses études, et tout lui promettait dans le monde un brillant avenir.
Ayant une sœur mariée à Césarée, en Palestine, Théodore avec son frère Athénodore vinrent en cette ville, et ils y trouvèrent le fameux Origène, dont ils se mirent à fréquenter les leçons. Origène, ayant bientôt découvert la beauté des ces deux âmes, leur capacité extraordinaire pour les sciences, leurs dispositions à la vertu, travailla soigneusement à leur inspirer l'amour de la vérité, et un ardent désir d'arriver à la possession du souverain bien. Toutes les deux, aidées de la grâce, s'épanouirent merveilleusement sous les rayons du soleil de justice, et elles résolurent de tout sacrifier pour s'appliquer uniquement à la science des saints.
La persécution de Maximien ayant forcé Origène à suspendre ses cours, Théodore alla dans Alexandrie, où il continua ses études, menant, au milieu de jeunes gens livrés à tous les désordres, une vie fort régulière. Jaloux de sa vertu, des étourdis subornèrent une odieuse courtisane qui vint publiquement lui réclamer le prix d'un commerce infâme : Théodore, sans s'émouvoir, pria un de ses amis de lui donner ce qu'elle demandait. Cette malheureuse n'eut pas plus tôt reçu l'argent, que le démon s'empara d'elle, et, pressée par l'énormité de son crime, elle confessa l'innocence du jeune étudiant.
Au bout de trois ans, Théodore revint à Césarée, où il retrouva Origène, et où il acheva de se perfectionner sous cet habile maître. Il reçut le baptême, et dès lors il se livra tout entier à la grâce, qui fit de lui, comme de saint Paul, un vase d'élection. De retour en son pays, il se dépouilla de ses biens et se retira dans la solitude pour s'y occuper de Dieu seul dans le silence et la paix. Ses vertus et ses rares talents y exhalèrent bientôt la bonne odeur de Jésus-Christ. Cette odeur suave se répandit au loin, et trahit sa chère humilité. Le siège de Néocésarée devint vacant, et on jeta les yeux sur lui pour le créer évêque de cette ville. La nouvelle de cette élévation le mit en fuite ; mais on le rechercha et il lui fallut céder à la volonté du Ciel. Sa ville était encore presque toute païenne ; les temples y fumaient d'encens pour les idoles ; le nom de Jésus y était connu, mais pour y être méprisé . Grégoire eut recours à Dieu, et Dieu l'exauça ; il était l'apôtre destiné à la conversion de ce peuple.
Un jour qu'il était dans une méditation profonde, il aperçut un vieillard et une femme surhumaine ; celle-ci dit au vieillard : « Jean, instruisez cet homme des mystères sacrés. » Le vieillard obéit à la Mère de Dieu, et il révéla un symbole de foi sublime à Grégoire, qui le mit par écrit et le laissa à son église. Plein des grâces d'en haut, il se mit à son œuvre ; sa parole puissante ébranla les esprits et les cœurs ; la sainteté de sa vie les toucha, et ses nombreux miracles les convertirent. Un jour il entra dans un temple d'idoles ; le démon cessa d'y rendre ses oracles, et attribua son silence à la prière de l'évêque. Le ministre des faux dieux menace de maltraiter le saint homme, qui lui répond en prêchant l’Évangile.
« Eh bien ! Dit l'idolâtre, fais revenir les dieux que tu as mis en fuite, et je croirai. »
L'évêque prend un morceau de parchemin et y écrit ces mots : « Grégoire à Satan : Rentre. »
Le démon revint, le prêtre des idoles se convertit, et il devint dans la suite un diacre fidèle. Les chrétiens se multiplièrent sous l'action incessante du saint évêque : il fallut bâtir une église ; on choisit un lieu éminent, mais trop étroit : un monticule en resserrait l'espace. Grégoire, plein de cette foi qui transporte les montagnes, lui commanda de se retirer, et le monticule obéit, laissant une vaste place pour la construction du temple. Une rivière, ayant rompu sa digue, inondait le pays et menaçait des plus affreux ravages ; notre saint invoqua le nom du Tout-Puissant, puis il ficha son bâton dans les eaux qui s'arrêtèrent, et qui reprirent leur cours accoutumé. Deux frères avaient un procès scandaleux au sujet d'un étang ; le saint commanda aux eaux de disparaître ; l'étang se dessécha et le procès fut terminé. La vie entière de ce saint évêque est un tissu d’œuvres merveilleuses.
La persécution de Dèce vint porter le trouble au sein de la douce paix de ce troupeau ; le pasteur assista son peuple de ses conseils et de ses puissantes prières ; il persuada la fuite du péril, de peur de tenter Dieu, et lui-même donna l'exemple de la retraite au désert. Cependant il eut le bonheur de compter des martyrs invincibles, dans son peuple fidèle, surtout le jeune Troade, et pas un seul apostat. On essaya de se saisir du pasteur, mais il échappa miraculeusement aux recherches des persécuteurs. Après l'orage, il revint consoler ses disciples et achever son œuvre au milieu d'eux. La religion devint plus florissante encore à Néocésarée, et, au moment où Grégoire, rempli de mérites et usé de travaux et de pénitences, fut rappelé de cette vie à une meilleure, il put rendre grâce à Dieu de laisser seulement dix-sept païens dans sa ville, où il avait trouvé dix-sept chrétiens. Cet illustre saint mourut le 17 novembre, vers 270, âgé d'environ 70 ans.
Son corps fut enterré dans l'église qu'il avait fait bâtir. Il s'accomplit à son tombeau un nombre prodigieux de miracles. Ses précieuses reliques se conservèrent longtemps à Césarée ; mais que sont-elles devenues depuis ?
Les Jésuites de Lisbonne ont et conservent son chef en grande vénération. A Rome, Saint-Pierre, Saint-Ignace et Sainte-Marie des Campitelli possèdent quelques-uns de ses ossements.
Réflexion : Ce n'est pas le don des miracles, c'est la vertu qui fait les saints : c'est un grand miracle de vivre et de mourir en saint.
« Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s’attacher au Christ Tête de l’Église sans adhérer fidèlement à son vicaire sur la terre. » Pie XII, Mystici Corporis.
Pie IX
« A quoi sert de proclamer à haute voix le dogme de la suprématie de saint Pierre et de ses successeurs ?
A quoi sert de répéter et répéter la profession de foi en l’Église catholique et d’obédience au Siège Apostolique si les actions démentissent les paroles ?
En outre, le fait que l’obédience soit reconnue comme un devoir ne rend-elle pas la rébellion encore plus impardonnable ?
Et qui plus est, l’autorité du Saint-Siège ne s’étend-elle pas à l’approbation des mesures qu’elle s’est trouvée dans l’obligation de prendre, ou bien est-il suffisant d’être en communion de foi avec le Siège Apostolique sans y ajouter la soumission de l’obéissance ; n’est-ce pas là une chose qui ne peut être soutenue sans dommage pour la foi catholique ?[...]
En réalité, vénérables frères et très cher fils,il s’agit de reconnaître l’autorité sur vos églises aussi, et pas seulement en ce qui regarde la foi, mais également en ce qui concerne la discipline.
Qui le nie est hérétique ; qu’il soit anathème celui qui, tout en le reconnaissant, s’y refuse obstinément. » Pie IX, Quae in patriachatu, 1876
« Toute personne qui après avoir reçu le baptême refuse de se soumettre au Souverain Pontife et de rester en communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis, est schismatique. » Code de Droit Canonique
« Le mot révolution est une parole élastique dont on abuse à tout propos pour séduire les esprits.
Bien des gens s'imaginent, sur la foi de leur journal, que c'est à la Révolution que depuis soixante ans l'humanité doit tout son bien-être ; que nous lui devons tous nos progrès dans l'industrie, tout le développement de notre commerce, toutes les inventions modernes des arts et des sciences ; que sans elle nous n'aurions ni chemins de fer, ni télégraphes électriques, ni bateaux à vapeur, ni machines, ni armée, ni instruction, ni gloire ; en un mot, que sans la Révolution tout serait perdu et que le monde retomberait dans les ténèbres.
RIEN DE TOUT CELA. Si la Révolution a été l'occasion de quelques-uns de ces progrès, elle n'en n'a pas été la cause. La violente secousse qu'elle a imprimée au monde entier a sans doute précipité certains développements de la civilisation matérielle ; cette même violence en a fait avorter beaucoup d'autres. Toujours est-il que la Révolution, considérée en elle-même, n'a été, à proprement parler, le principe d'aucun progrès réel.
Elle n'est pas non plus, comme on voudrait nous le faire croire, l'affranchissement légitime des opprimés, la suppression des abus du passé, l'amélioration et le progrès de l'humanité, la diffusion des lumières, la réalisation de toutes les aspirations généreuses des peuples, etc., etc.
Nous allons nous en convaincre en apprenant à la connaître à fond.
La Révolution n'est pas davantage le grand fait historique et sanglant qui a bouleversé la France et même l'Europe à la fin du dernier siècle. Ce fait, dans sa phase modérée aussi bien que dans ses excès épouvantables, n'a été qu'un fruit, qu'une manifestation de la Révolution, laquelle est une idée, un PRINCIPE, plus encore qu'un fait. Il est important de ne pas confondre les choses.
Depuis la fondation de l’Église jusqu'à l'édit de Milan
Saint Matthieu est ordinairement représenté avec un homme ailé (et non un ange) à ses côtés, parce qu'il commence son Évangile par la généalogie du Rédempteur.
Saint Marc, est ordinairement représenté avec un lion, parce qu'il commence son Evangile par la prédication de saint Jean-Baptiste dans le désert, dont le lion est le roi.
Saint Luc est ordinairement représenté avec un bœuf, parce qu'il parle, en commençant son Évangile, des fonctions sacerdotales de Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, et que le bœuf était la victime des anciens sacrifices.
Saint Jean est ordinairement représenté avec un aigle, parce qu'il parle, au début de son Évangile, de la génération éternelle du Sauveur, plongeant ainsi son regard d'aigle jusque dans les profondeurs de l'éternité.
Le CREDO : La tradition nous apprend que les Apôtres, avant de se séparer pour aller prêcher, condensèrent la doctrine de leur Maître dans cet abrégé que l’Église nous a conservé, sous le nom de Symbole des Apôtres.
Le sommaire de l'enseignement chrétien était irrévocablement fixé, et chacun de ses articles donnait à l'esprit humain la mesure de ses mouvements dans l'ordre du vrai. Non pas que tout ce que l'homme doit croire y soit exprimé ; mais la doctrine divine et les hautes spéculations qui s'y rattachent sont pressées dans ces courtes formules, comme sont pressés, dans un germe que la main peut contenir, les racines, le tronc, les tissus, les membres, toute la vie et toutes les magnificences d'un arbre vigoureux, qu'un jour nos bras pourront à peine embrasser.
« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ; en Jésus-Christ, son Fils unique ; au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, à la communion des Saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. »
Voilà le résumé de la foi chrétienne.
Prochain article : Punition des Juifs : Ruine de Jérusalem. Dispersion des Juifs
Depuis la fondation de l’Église jusqu'à l'édit de Milan
ENSEIGNEMENTS APOSTOLIQUES :
Concile de Jérusalem : Quelques Juifs d'Antioche, nouvellement convertis, prétendaient que les Gentils, en se faisant chrétiens, étaient encore obligés de suivre toutes les prescriptions de la loi mosaïque.
Paul et Barnabé soutenaient un avis contraire. Pour terminer le différend, les Apôtres se réunirent à Jérusalem (l'an 52), en un concile* que saint Pierre présida.
Après une sérieuse discussion, Pierre prit la parole et déclara que, dans sa partie cérémonielle, l'ancienne loi n'était plus obligatoire.
Tous se rangèrent à cet avis, et la décision du concile, qui commençait par ces mots : « Il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d'autre fardeau que celui qui est nécessaire, etc. », fit comprendre définitivement que les Gentils, tout aussi bien que les Juifs, devaient avoir accès dans le sein de l’Église, et qu'ils étaient dispensés des observances légales.
*Un concile est une assemblée d'évêques et de théologiens réunis pour décider des questions de foi, de mœurs et de discipline. Le concile est général ou œcuménique lorsqu'il représente toute l’Église ; il est particulier ou provincial, s'il n'en représente qu'une fraction.
Écrits apostoliques : A l'exemple de leur divin Maître, les Apôtres et leurs premiers disciples enseignèrent l’Évangile de vive voix bien plus que par écrit. Cependant quelques-uns d'entre eux écrivirent, sous l'inspiration du Saint-Esprit, des ouvrages dont l'ensemble forme le Nouveau Testament.
Les livres du Nouveau Testament, que les chrétiens révèrent comme la parole de Dieu, sont : les quatre Évangiles, les vingt et une Épîtres, les Actes des Apôtres et l'Apocalypse.
Les Evangiles nous font connaître sommairement la vie, la doctrine et les miracles de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Ils furent écrits par deux Apôtres, saint Matthieu et saint Jean, et par deux disciples des Apôtres, saint Marc et saint Luc, fidèles compagnons, le premier de saint Pierre, le second de saint Paul.
Les Epîtres ou lettres, que les Apôtres adressaient aux premiers fidèles, contiennent un commentaire pratique des Évangiles et de précieux enseignements pour les chrétiens de tous les siècles.
Saint Paul en a écrit quatorze ; saint Jean, trois ; saint Pierre, deux ; saint Jacques le Mineur et saint Jude, chacun une.
Les Actes des Apôtres, écrits à Rome par saint Luc, renferment l'histoire abrégée de l'établissement du christianisme, jusqu'à l'an 62. C'est la première page de l'histoire de l'Eglise.
L'Apocalypse ( d'un mot grec qui signifie révélation, prophétie) se divise en trois parties. La première contient les révélations mystérieuses qui furent faites à l'Apôtre saint Jean, dans son exil de Pathmos, avec ordre de les transmettre aux évêques des sept principales Églises de l'Asie ; la seconde parle des combats de l’Église contre ses ennemis ; la troisième annonce les événements des derniers jours du monde.
Tradition apostolique : La transmission orale des vérités révélées s'appelle tradition, et la tradition des Apôtres, conservées dans l’Église, possède la même autorité que leurs écrits. On la trouve dans les ouvrages des auteurs ecclésiastiques qu'on nomme les Pères ou les Docteurs, dans les décisions des conciles et dans les pratiques du culte public.
Prochain article : les quatre évangélistes et le Credo
Depuis la fondation de l’Église jusqu'à l'édit de Milan
Saint Jacques le Majeur
Saint Jacques le Majeur, frère aîné de saint Jean, évangélisa la Judée. Il eut la tête tranchée à Jérusalem, par ordre d'Hérode-Agrippa, probablement en l'an 43. C'est en son honneur que fut institué le pèlerinage de Compostelle, en Galice, l'un des plus célèbres du monde, au moyen-âge.
Martyre de saint Jacques le Majeur
Saint Jacques le Mineur, devint évêque de Jérusalem et fut pour la Palestine, après le départ de saint Pierre, la première autorité de l’Église. Victime du fanatisme et de la jalousie du grand prêtre Ananias, il mourut lapidé vers l'an 62 ou 63.
Saint Jacques le Mineur
Saint Jean parcourut l'Asie Mineure, et séjourna principalement à Jérusalem et à Ephèse, en la compagnie de la Vierge Marie, que le Sauveur lui avait confiée du haut de la Croix.
Sous Domitien, il fut emmené à Rome et plongé dans une chaudière d'huile bouillante, sans qu'il en reçût aucun mal.
Exilé dans l'île de Pathmos, il y écrivit son Apocalypse.
De retour à Ephèse, il écrivit son Évangile et mourut plus que centenaire, vers l'an 104.
Ne pouvant plus, à cause de son grand âge, adresser aux fidèles de longs discours, saint Jean se contentait de leur répéter ce précepte de la charité : Mes enfants, aimez-vous les uns les autres.
Saint Jean l'Evangéliste
L'histoire est à peu près muette sur la vie des autres Apôtres ; on retrouve leur souvenir surtout dans les légendes et les traditions de certaines Eglises. D'après ces traditions :
Saint Matthieu prêcha l'Evangile aux Juifs ; puis il passa dans la Perse, où l'attendait le martyre.
Martyre de saint Matthieu
Saint André porta la foi dans la Scythie et la Thrace, et fut crucifié à Patras, en Grèce.
Martyre de saint André
Saint Jude, ou Thaddée, évangélisa la Syrie, la Mésopotamie et la Perse, où il termina sa vie par le martyre.
Martyres de saint Simon et saint Jude
Saint Barthélemy exerça son apostolat dans l'Arabie méridionale, et fut écorché vif en Arménie.
Martyre de saint Barthélemy
Saint Simon eut en partage la Mésopotamie et l'Idumée. On croit qu'il fut martyrisé en Perse, le même jour que saint Jude.
Saint Thomas parvint jusqu'aux Indes orientales et souffrit le martyre à Méliapour, sur la côte de Coromandel ; les Portugais y découvrirent son corps et le transportèrent à Goa.
Martyre de saint Thomas
Saint Philippe parcourut la haute Asie et la Phrygie, et fut martyrisé à Hiérapolis.
Martyre de saint Philippe
Saint Mathias prêcha l’Évangile en Ethiopie et y versa son sang pour Jésus-Christ.